Quel alternative au Raspberry Pi 5 en 2026/2027
Depuis plusieurs années, le Raspberry Pi s'est imposé comme une référence des ordinateurs monocartes, notamment pour les projets électroniques, la domotique, les petits serveurs et l'informatique embarquée. Accessible, relativement compact et soutenu par une large communauté, il a permis à de nombreux passionnés de concrétiser leurs idées sans investir dans un ordinateur classique.
Cependant en 2026, le contexte a bien changé. La hausse du coût des composants, en particulier de la mémoire vive pèse sur le prix des cartes et complique les projets qui reposent sur un budget limité. Pour certains utilisateurs le problème n'est plus simplement de choisir la bonne configuration, il s'agit de trouver une carte suffisamment performante, disponible et financièrement accessible.
Dans le même temps, le Raspberry Pi 5 reste la référence la plus récente de la gamme principale, tandis que son successeur ne semble pas devoir arriver avant 2028 au plus tôt. Cette attente ouvre la voie à d'autres fabricants, notamment Radxa et Orange Pi, qui proposent des ordinateurs monocartes capables de rivaliser avec le Pi 5, voire de le dépasser.
Faut-il pour autant abandonner Raspberry Pi ?
Oui et non : tout dépend du projet, un ancien modèle peut suffire, tandis qu'une carte équipée d'un processeur plus puissant peut devenir plus intéressante pour un serveur ou une utilisation plus exigeante.
Les alternatives économiques
Même si le Raspberry Pi 5 reste très attractif pour la simplicité et la compatibilité, des alternatives peuvent être étudiées.
ROCK 5B (RADXA)

Le ROCK 5B à 159,90 € représente une alternative plus puissante et plus évolutive au Raspberry Pi 5 8 Go à 213 €, avec une économie de 53,10 €. Le ROCK 5B embarque un processeur Rockchip RK3588 à 8 cœurs (4 Cortex-A76 et 4 Cortex-A55), contre un Broadcom BCM2712 à 4 cœurs Cortex-A76 pour le Raspberry Pi 5. Il dispose également d'un GPU Mali-G610, d'une NPU de 6 TOPS pour certaines tâches d'IA, et d'un port Ethernet 2,5 Gb/s contre 1 Gb/s sur le Raspberry Pi 5.
*prix relevés au moment de la rédaction
Côté stockage, les deux cartes peuvent utiliser un SSD NVMe, mais le ROCK 5B propose un connecteur M.2 Key-M PCIe 3.0 x4, tandis que le Raspberry Pi 5 nécessite un adaptateur M.2 HAT+ ou équivalent, avec une liaison PCIe 2.0 x1 par défaut. Le débit réel dépend du SSD, du système et de la configuration PCIe.
Orange Pi 5 (OrangePi)

L’Orange Pi 5 8Go à 163,94 € constitue une alternative plus puissante que le Raspberry Pi 5 8 Go à 213 €, avec une économie de 49,06 €. Il embarque un processeur Rockchip RK3588S à 8 cœurs (4 Cortex-A76 et 4 Cortex-A55), contre un Broadcom BCM2712 à 4 cœurs Cortex-A76 pour le Raspberry Pi 5, ainsi qu’un GPU Mali-G610 et une NPU de 6 TOPS pour certaines tâches d’IA.
*prix relevés au moment de la rédaction
Côté stockage, l’Orange Pi 5 possède un emplacement M.2 pour SSD NVMe en PCIe 2.0 x1, tandis que le Raspberry Pi 5 nécessite un adaptateur M.2 HAT+ ou équivalent et utilise une liaison PCIe 2.0 x1 par défaut. Les performances du SSD seront donc comparables en matière de bande passante théorique, selon le matériel utilisé.
PC Nuc

Si les ordinateurs monocartes comme le Raspberry Pi 5, le Radxa ROCK 5B ou l'Orange Pi 5 ne répondent pas à tous les besoins, une autre solution mérite d'être envisagée : les mini-PC, également appelés NUC.
Ces petites machines présentent un avantage intéressant : elles reposent généralement sur une architecture x86, compatible avec un large éventail de logiciels et de distributions Linux. Elles sont également souvent évolutives, avec la possibilité de remplacer ou d'augmenter la mémoire vive et de changer le SSD, selon le modèle.
Pour cet article, j'ai notamment trouvé un mini-PC équipé d'un Ryzen 5 3500U, de 8 Go de RAM et d'un SSD de 256 Go pour 199 €, avec Windows 11 Pro préinstallé. Pour ce tarif, cela peut constituer une alternative intéressante au Raspberry Pi 5, notamment si l'objectif est de monter un petit serveur.
*prix relevés au moment de la rédaction
En installant une distribution légère comme Debian, il est tout à fait possible de transformer cette machine en serveur pour héberger des services, faire tourner des conteneurs Docker ou mettre en place un environnement de test.
Bien entendu, il faudra tenir compte de la consommation électrique, de l'évolutivité réelle du modèle et de la qualité du matériel proposé. Mais à ce niveau de prix, un mini-PC peut offrir un rapport performances/prix particulièrement intéressant face à un ordinateur monocarte accompagné de ses accessoires.
Le vieil ordinateur qui traîne dans un tiroir
C'est probablement mon alternative préférée, et pourtant, je ne l'utilise plus aujourd'hui pour mes projets. Si vous avez un vieil ordinateur qui prend la poussière dans un placard, il peut être intéressant de lui donner une seconde vie plutôt que d'investir dans un Raspberry Pi ou autre.
S'il s'agit d'un PC fixe, vous pouvez par exemple lui ajouter un SSD et installer une distribution Linux légère comme Debian. Avec un peu de configuration, vous obtenez une machine capable de faire tourner un petit serveur domestique, des services réseau ou des conteneurs Docker, selon ses performances.
Mais, à mon avis, le plus intéressant reste le vieil ordinateur portable. Il dispose déjà d'un processeur, de mémoire vive, d'un stockage remplaçable sur certains modèles et surtout d'une batterie intégrée. Cette dernière peut permettre au serveur de continuer à fonctionner temporairement en cas de coupure de courant, à condition que la batterie soit encore en bon état.
Vous pouvez également remplacer le disque dur par un SSD et augmenter la quantité de RAM si le modèle le permet. Certains ordinateurs portables disposent de processeurs relativement économes en énergie, ce qui peut en faire de bonnes machines pour héberger des services en continu.
Il est même possible de fermer le capot ou de désactiver l'écran pour limiter la consommation inutile, à condition de configurer correctement la gestion de l'alimentation et la mise en veille. Attention toutefois : fermer le capot peut mettre l'ordinateur en veille par défaut, ce qui interromprait les services hébergés.
L'avantage principal de cette solution reste évidemment son coût : si vous possédez déjà la machine, vous pouvez commencer presque gratuitement. C'est donc une excellente option pour débuter dans l'auto-hébergement, tester Debian ou découvrir Docker avant d'investir dans du matériel dédié.
Les alternatives plus puissantes au Raspberry Pi 5
Jusqu'ici, nous avons surtout parlé de solutions permettant de réduire le budget ou de recycler du matériel existant. Mais si votre objectif est de gagner en performances, le Raspberry Pi 5 n'est pas forcément le meilleur choix.
Même s'il reste une carte très polyvalente, d'autres ordinateurs monocartes proposent des processeurs plus puissants, davantage de cœurs, des capacités d'accélération pour l'intelligence artificielle ou encore une connectique plus complète. C'est notamment le cas de certains modèles de Radxa et d'Orange Pi, qui s'appuient sur des processeurs Rockchip de la famille RK3588.
Si vous souhaitez faire tourner plusieurs services simultanément, exploiter des conteneurs, traiter des flux multimédias ou expérimenter avec des applications d'intelligence artificielle, ces alternatives méritent donc que l'on s'y intéresse de plus près.
Dragon Q8B (Radxa)

Le Radxa Dragon Q8B est une carte bien plus ambitieuse que le Raspberry Pi 5 8 Go, mais son prix dépend fortement de la configuration choisie.
Elle intègre un processeur Qualcomm Snapdragon 8cx Gen 3 à 8 cœurs, avec 4 cœurs jusqu’à 3 GHz et 4 jusqu’à 2,4 GHz, un GPU Adreno 690 et une accélération IA annoncée à 29+ TOPS, contre le processeur quadricœur Broadcom du Raspberry Pi 5.
Elle peut accueillir jusqu’à 32 Go de RAM, possède deux emplacements M.2 NVMe (PCIe 3.0 x4 et PCIe 3.0 x2) et deux ports Ethernet 2,5 Gb/s, contre un seul port Gigabit sur le Raspberry Pi 5.
Le Wi-Fi et le Bluetooth nécessitent toutefois un module sans-fil supplémentaire. En contrepartie, le Raspberry Pi 5 conserve l’avantage d’un écosystème logiciel très mature, d’une configuration plus simple et d’une large compatibilité avec les accessoires.
En résumé, le Dragon Q8B est particulièrement intéressant pour un serveur performant, un NAS avec plusieurs SSD NVMe ou des applications d’IA locales, tandis que le Raspberry Pi 5 reste plus adapté aux projets abordables et faciles à mettre en œuvre.
Orange Pi 6 (OrangePI)

L’Orange Pi 6 se positionne comme une alternative nettement plus puissante au Raspberry Pi 5.
Il embarque un processeur CIX P1 à 12 cœurs (8 Cortex-A720 et 4 Cortex-A520), contre 4 cœurs Cortex-A76 pour le Raspberry Pi 5, ainsi qu’un GPU Immortalis-G720 avec ray tracing matériel et une NPU dédiée annoncée à 28,8 TOPS pour l’intelligence artificielle.
Il dispose de 8, 16 ou 24 Go de RAM LPDDR5 selon la configuration, de deux ports Ethernet 2,5 Gb/s et de deux emplacements M.2 NVMe en PCIe 4.0 x4, bien plus rapides que l’interface PCIe 2.0 x1 du Raspberry Pi 5, qui nécessite un adaptateur.
Le Wi-Fi 6 et le Bluetooth 5.4 sont également prévus via un module M.2 E-Key. En contrepartie, le Raspberry Pi 5 bénéficie d’un écosystème logiciel plus mature et d’une compatibilité plus simple avec de nombreux accessoires.
En résumé, l’Orange Pi 6 est particulièrement intéressant pour un serveur, un NAS à plusieurs SSD NVMe ou des applications d’IA locales, tandis que le Raspberry Pi 5 reste un choix plus accessible pour les projets classiques.
Une autre alternative
ZimaBoard

Autre alternative intéressante au Raspberry Pi 5, le ZimaBoard, un mini-ordinateur conçu principalement pour les projets de serveur personnel et de stockage réseau (NAS). Contrairement à un ordinateur monocarte classique, il intègre directement plusieurs éléments utiles pour ce type d'utilisation, notamment une architecture x86, des ports SATA et deux interfaces Ethernet sur certains modèles.
Il est particulièrement intéressant pour héberger un serveur multimédia, un NAS, un pare-feu ou différents services avec Docker. Il peut également faire tourner des systèmes Linux classiques et profiter d'un écosystème logiciel x86 relativement large.
Son principal avantage est sa conception orientée serveur, qui évite d'avoir à ajouter autant d'accessoires qu'avec certaines cartes concurrentes. En revanche, ses performances dépendent fortement de la version choisie, et son prix peut être moins intéressant que celui d'un ancien ordinateur portable ou d'un mini-PC d'occasion.
Le ZimaBoard est donc une solution à envisager si vous recherchez une machine compacte dédiée au réseau et à l'auto-hébergement, plutôt qu'une carte polyvalente pour l'électronique ou la robotique.
Conclusion : quelle alternative choisir ?
Comme nous avons pu le voir, le Raspberry Pi 5 reste une excellente carte, mais il n'est plus forcément le choix le plus évident pour tous les projets. La hausse du prix des composants, notamment de la mémoire vive, oblige désormais à regarder au-delà de l'écosystème Raspberry Pi pour trouver le meilleur rapport entre prix et performances.
Si votre objectif est de monter un petit serveur domestique sans dépenser trop d'argent, un ancien ordinateur portable ou un mini-PC d'occasion peut représenter une excellente solution. Pour un projet plus compact ou nécessitant une faible consommation, les anciens Raspberry Pi restent également intéressants, à condition que leurs performances soient suffisantes.
En revanche, si vous recherchez davantage de puissance, des cartes comme le Radxa ROCK 5B, la Dragon Q8B ou l'Orange Pi 6 méritent votre attention. Elles proposent des architectures différentes, davantage de ressources de calcul ou des possibilités de stockage et de connectivité plus avancées. Il faudra toutefois vérifier leur compatibilité logicielle, leur disponibilité et leur prix réel avant de faire votre choix.
De mon côté, je pense qu'il est important de ne pas se focaliser uniquement sur le prix d'achat ou sur les caractéristiques techniques. Une carte très puissante ne sera pas forcément la meilleure solution si elle nécessite beaucoup de temps de configuration ou si les logiciels dont vous avez besoin ne sont pas correctement pris en charge.
Finalement, la meilleure alternative au Raspberry Pi 5 est tout simplement celle qui répond à vos besoins sans faire exploser votre budget. Et parfois, la solution la plus intéressante se trouve déjà dans un tiroir, sous la forme d'un vieil ordinateur auquel il suffit de donner une seconde vie.
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